Quand tout va trop vite, moi je m’enfuis, j’esquive à tout prix avant d’avoir l’impression de me noyer. Je ne sais pas être au monde, tel que vous me voyez. J’ai toujours porté un masque et j’effleure à peine l’idée encore de pouvoir le retirer complètement. Pendant un temps, je me suis retirée, fait quelques pas de côté. Et depuis, je laisse libre cours à mon imagination. Quand j’écris je ne suis rien d’autre qu’une petite lumière tamisée qui grésille, j’attire la profondeur, enfin j’aimerais, que l’on voit à l’intérieur.
J’affronte le monde à ma manière, je l’explore depuis les nuits les plus obscures, jusqu’au premier regard et mot échangé. Je tisse une histoire, j’explore le passé, les prénoms, je réveille la magie tellurique pour faire chanter les os, les voyages infinis, la puissance de l’océan face à la petitesse de mon être.
Quand tout va trop vite dans ma tête, plus rien ne m’arrête, je ferme les yeux dans la quintessence du silence, je creuse si loin que je m’épuise et si je m’endors, je continue de rêver, de converser avec les absents, de voir beaucoup de corps affaiblis. Et le lendemain, les mondes souterrains ne sont plus qu’un souvenir, du soleil matinal je dessine les contours, j’écris, j’attends que mon corps heurte la terre, jusqu’à m’engloutir entière.