#1 Où ça a commencé

Cela fait un an que j’ai écrit les premières lignes de mon roman. Lors de cette période où je suis seule avec mon ordinateur, j’ai décidé de tirer le meilleur parti de mon temps. Les premiers mots étaient posés et j’ai attendu de régler certaines choses (comme déclencher mes droits au chômage) avant de continuer. L’algorithme d’Instagram m’a, entre temps, mis sur le chemin de l’univers du livre et j’avais en tête d’entamer NaNoWriMo (RIP) dès le mois de novembre. Même si ce défi n’existe plus, j’ai profité de ce temps pour écrire.
Plusieurs années en arrière, je me souviens avoir lu le premier tome de la “Chronique du tueur de roi : Le nom du vent” de Patrick Rothfuss. Ce récit m’avait complètement happé, alors que je traversais une période compliquée. Au point de m’inspirer les bribes d’une nouvelle histoire. Car, il y a plus de quinze ans, pour échapper à mon quotidien, j’ai écrit. Le manuscrit est indigeste, lourd et trop long (je le dis en tout état de cause, je suis en train de le retravailler… Quelle folie m’a pris ? ).
J’ai retrouvé l’essence de mon personnage principal, j’ai changé de contexte et puisé énormément dans mes centres d’intérêt. La Gaule antique (mes études d’archéologie me remercient), la spiritualité chez les Celtes, un monde de vie plus simple au contact de la nature et l’art du fil (tricoteuse compulsive). Je me suis aussi beaucoup inspirée de mes expériences amicales et amoureuses.
J’ai avancé dans mon coin, rejoint des groupes de discussion et des newsletters consacrées à l’écriture). J’ai investi dans un logiciel de correction, j’ai continué de me renseigner sur le monde du livre. Je ne compte pas les heures d’écoute de musique, d’un black metal à un morceau de harpe. Cette année j’ai explosé mon quota de livres lus et j’ai été particulièrement absorbé par le cycle “Même pas mort / Chasse royale” de Jean-Philippe Jaworski.
Il m’a fallu dix mois pour mettre un point final à mon premier jet, avant de me consacrer depuis le début de l’été, à sa relecture, correction, et réécriture.
Je suis maman solo (par choix), certains se sont demandé ce que je pouvais faire de mes journées. Je prends des décisions seule, ma fille passe avant tout. Je rencontre des difficultés financières, j’arrive en fin de droit, je galère à retrouver un emploi. Je ne parle pas de tout ça ici, mais sachez que la réalité est toute autre.
J’ai choisi de m’éloigner d’une vie sociale, de base quasi inexistante de toute façon, des rencontres qui ne mènent à rien, qui s’arrêtent sans crier gare. Je n’ai aucun soutien (et je n’en cherche pas en écrivant cela).
Je savoure seule (ou presque) mes petites victoires, et ça, c’est encore compliqué. Je manque de confiance en soi, je m’interroge sur la possibilité d’avoir un trouble, ou de traîner des casseroles, encore et toujours. La première étape consiste à rassurer mon enfant intérieur, l’enfant qui ne comprend rien de ce monde, qui ne se sent pas à sa place, et trop idiote pour s’intégrer à un groupe d’amies.
À la gamine de quatorze ans que j’étais, je lui dirais que j’ai le droit de ne pas penser comme les autres, que j’ai le droit de préférer rester chez moi pour écrire, dessiner ou peindre.