L’autre jour, je suis tombée sur une vidéo qui évoquait le problème des adverbes très répétitifs dans certains manuscrits. Depuis cette vidéo je fais donc la chasse aux adverbes, trop lourds pour le texte, trop présents. A première vue, je suis plutôt douée pour écrire des “presque” ou “un peu” à tout vent. Je me prends donc en pleine face un défaut majeur, un truc vraiment rébarbatif pour les futurs et potentiels lecteurs. Nullement découragée, je me suis mise à la tâche de les corriger, voire d’améliorer le texte. S’il y a bien un trait de ma personnalité qui transparaît dans ma façon d’écrire, c’est que je n’ose pas m’affirmer. Je reste toujours dans le vague. J’ai eu quelques remarques fort déplaisantes à ce sujet, mais j’ai compris que si je voulais un texte percutant, je devais apprendre à me détacher de cette manie. D’abord, j’ai écris plus souvent à la première personne, puis à m’engager sur de vraies histoires, j’entraîne ma plume à plus de descriptions, à plus d’entrain dans mes dialogues et de sincérité de manière générale.
Lorsque j’ai commencé à reprendre mon texte, je me suis fait quelques frayeurs, je n’ai pas osé compter le nombre d’adverbes utilisés à la pelle. Comme si un mur était presque blanc, alors qu’on le voit blanc. Appelons un chat, un chat. Je m’étais tellement habituée à évoluer dans un brouillard que j’ai pris l’initiative de me retirer dans un autre monde, que j’ai posé un nom sur cette brume persistante dans mon esprit et que je me sens parfaitement capable désormais d’affirmer mon style. Reste à savoir si celui-ci saura plaire, j’y suis presque.