Le mois de février a déjà vu une semaine défiler, et moi je viens vous parler de mon mois de janvier, comme s’il avait été inoubliable. Je ne me trompe guère, puisque dame nature nous a apporté une vague de froid et la neige qui va avec. Et moi, s’il y a bien une chose qui manque à mon équilibre, ce sont les vrais hivers. Pas les journées pluvieuses, si humide qu’il semblerait qu’une mauvaise magie s’insinue dans les os. Non, la sensation de picotements sur le bout des doigts, la peau qui rougit sous le froid, se dire la veille “j’ai si froid qu’il semblerait qu’il va neiger” et le must, le craquement si singulier de nos pas dans la neige. Tout y était.
Sur la route, entendre ma fille dire “c’est beau les sapins sous la neige” vaut toutes les poésies du monde. Il ne me faut pas grand-chose, sauf en ce genre de circonstance, quand la route est bloquée, qu’il neige encore par endroit ou que le brouillard joue à ne pas s’étaler et former une masse informe. Avec les événements du monde, mieux vaut s’armer de poésie, non? Je ne me suis pas sentie trop mal, à faire l’hermite et me consacrer à l’écriture. Malgré les doutes, j’ai le sentiment d’être où je devrais être.
Je ne suis pas pour prendre des résolutions en début d’année, ça aurait pu très bien tomber à un autre moment. L’hiver s’y prête bien, moi le solstice je le vis bien. J’ai tiré un trait sur ce qui ne m’allait pas, sur ce qui m’apportait de la souffrance plutôt qu’autre chose. Résultat, je me suis éloignée du monde et pour le moment, c’est bien comme ça. Je peux me concentrer sur ce qui me tient à cœur. Je ne veux pas être triste de penser à la solitude engendrée, je crois bien au contraire que je l’accepte. Je plonge complètement dans la saisonnalité des émotions, je me prépare à un printemps éveillé et un été éclatant.
Bien sûr, je me demande encore si j’arriverai au bout de mes projets, bien sûr je me méfie toujours de moi-même et mes décisions, parfois trop hasardeuses. Quoique je me suis auto dessinée une épée au-dessus de ma tête. Je tente d’avancer pour ne rien lâcher, je me plonge complètement dans l’histoire, je ne maudis plus les nuits d’insomnies, elles ont le mérite de construire mon scénario. Advienne que pourra, pourrais-je enfin avoir le privilège de croire en moi?
Au mois de janvier,
J’ai terminé deux livres au style bien différent. La pêche au petit brochet de Juhani Karila et Les Hauts de Hurle-Vent d’Emily Brontë.
Pour m’accompagner, j’écoute toujours beaucoup de musique et mon application me dit que ce mois-ci les artistes les plus écoutés sont Amorphis, Faun et Myrkur.